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13 juin 2021 7 13 /06 /juin /2021 12:53

11TOB

11° dimanche du Temps Ordinaire - année B

Ez 17,22-24 ; Ps 91 ; 2 Co 5,6-10 ; Mc 4,26-28

Reprenant le cours des lectures du temps ordinaire, l’évangile de ce jour rapportait deux courtes paraboles qui utilisent l’image de la germination pour nous faire comprendre la nature du Royaume de Dieu. C’était aussi une image agricole que prenait Ézéchiel pour annoncer la puissance du Seigneur, et la lettre aux Corinthiens nous rappelait l’avenir pour nous aider à vivre le présent. La dynamique que l’on retrouve dans tous ces enseignements nous invite à découvrir dans l’art d’attendre un élément important de la vie spirituelle.

Comme le soulignait saint Paul, « nous cheminons dans la foi, non dans la claire vision ; oui, nous avons confiance ». Il y a en effet, quelque chose dans l’attente qui s’appuie sur la confiance. Confiance en la fidélité de Dieu qui accomplira ses promesses, confiance du semeur qui doit accepter que la semence germe et grandisse sans qu’il sache comment. Attendre c’est réaliser que des choses importantes ne dépendent pas de nous, que nous ne maitrisons pas tout. C’est un point essentiel dans la vie spirituelle que de s’appuyer sur la foi. Ça ne veut pas dire pas que nous n’ayons rien à faire : si l’on ne jette pas en terre la semence, rien ne se produit. Mais ça n’est pas parce que nous devons faire quelque chose que nous devons tout faire ! Dans la prière par exemple, il n’est pas inutile de formuler ce que nous demandons, mais ce n’est pas parce qu’on demande que ça arrive : ce n’est pas notre parole ou notre désir qui commande, c’est Dieu, et il faut lui faire confiance car il sait mieux que nous ce qui nous fait grandir. Ainsi, dans la vie spirituelle, savoir attendre c’est faire confiance. L’attente s’appuie sur la foi et la fait grandir.

Ensuite, la parabole de la graine de moutarde nous invite au discernement. Et en particulier à ne pas mépriser les petites choses qui se déploieront en grandes choses. C’était aussi l’histoire, dans la première lecture, de la petite tige qui deviendra un cèdre magnifique. Attendre, c’est voir au-delà de l’apparence du moment. Ça concerne le regard que nous pouvons porter les uns sur les autres : celui que vous trouvez bizarre deviendra peut-être un grand saint. Mais ça nous concerne nous aussi. Par exemple dans le combat spirituel. Il nous arrive d’être embarrassé par de mauvaises habitudes et de ne pas savoir comment se défaire d’un péché humiliant. Eh bien, on ne doit pas renoncer aux petits efforts sous prétexte qu’ils seraient insignifiants … ça peut être la graine de moutarde qui va dépasser toutes les plantes de nos vies ! Dans la vie spirituelle, il faut savoir laisser du temps au temps et ne pas juger trop rapidement. Attendre c’est accepter que l’insuffisant ne soit pas négligeable et c’est la dynamique de l’espérance !

Enfin, il est remarquable que dans les paraboles de l’évangile tous les verbes soient au présent. C’était aussi le cas de la conclusion de la prophétie d’Ézéchiel « Je suis le Seigneur, je renverse, je relève, je fais sécher, je fais reverdir ». C’est que l’attente n’est pas une parenthèse. Dans la vie spirituelle, on ne s’occupe pas en attendant, mais on attend en habitant le présent. Comme le jardinier qui se réjouit de chaque étape : quand le semis apparaît, quand la feuille se déploie, quand le bourgeon se développe ; et non pas comme l’impatient qui se lamente que le fruit ne soit pas encore mur ! Attendre ce n’est pas se distraire du présent ou s’en évader, c’est le vivre intensément sans s’y enfermer. La deuxième lecture nous avertissait : ce que nous faisons participe à ce que nous serons. On attend le Royaume de Dieu en le déployant aujourd’hui. Attendre ce n’est pas oublier ! Peut-être que le meilleur exemple, ce sont les sacrements qui nous rappellent la présence de ce que nous attendons. Le baptême, l’eucharistie et la confirmation ; le mariage ou l’ordre pour ceux que cela concerne, ne sont pas des cases que nous avons cochées autrefois, mais des graines que le Seigneur a semées en nous et que nous devons vivre de plus en plus intensément, aujourd’hui plus que hier et moins que demain.

Ainsi nous sommes invités à grandir dans l’art d’attendre qui est le moteur de notre relation à Dieu. Il s’agit de faire confiance en acceptant que tout ne dépende pas de nous ; d’être attentifs aux petites choses qui portent la promesse des grandes ; de vivre maintenant ce que nous serons dans l’éternité.

Que la Vierge Marie, Avocate des Toulonnais, nous aide à entendre cette parole et à la mettre en pratique. Fille de Sion qu’elle affermisse notre confiance en la puissance du Seigneur ; Etoile du matin qu’elle nous éveille à l’espérance ; Mère du Bel Amour qu’elle nous soutienne dans la fidélité à ce qui se déploie pour que nous puissions demeurer en Dieu comme il demeure en nous, dès maintenant et pour les siècles des siècles.

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6 juin 2021 7 06 /06 /juin /2021 13:15

CSX B

Saint Sacrement du Corps et du Sang du Christ - année B

Ex 24,3-8 ; Ps 115 ; He 9,11-15 ; Mc 14,12-16.22-26

Chaque année, la Fête-Dieu ou solennité du Saint Sacrement du Corps et du Sang du Christ est l’occasion qui nous est donnée pour approfondir le sens de ce que nous vivons lorsque nous communions. C’est que, comme pour beaucoup d’autres choses, nous pourrions prendre l’habitude et répéter des gestes et des paroles machinalement, sans vraiment penser à ce que nous faisons. Cette année les textes proposés évoquent le thème de l’alliance, voyons comment ils éclairent le mystère de l’Eucharistie.

D’abord, nous avons entendu le récit de l’alliance au temps de Moïse. Ce qui est frappant c’est l’importance de la parole de Dieu. Moïse rapporte les paroles du Seigneur, puis le peuple répond « toutes ces paroles nous les mettrons en pratique », ensuite il écrit toutes les paroles du Seigneur, puis il prend le livre de l’Alliance et en fait la lecture au peuple, enfin il termine en disant que ces paroles sont la base de l’Alliance que le Seigneur conclut. Si l’on n’a pas compris, soit on est sourd, soit on est très distrait ! Si la Parole de Dieu est importante, c’est que la communion est d’abord un acte de foi. C’est pourquoi, quand on nous présente le Corps du Christ, on répond « amen » et non pas « merci ». On ne croit pas parce qu’on a une idée ou une envie, on croit parce qu’on a entendu la Parole et qu’on veut la mettre en pratique. Si l’on vous demande pourquoi vous allez à la messe, la bonne réponse c’est « parce que le Seigneur l’a demandé ». De la même manière si l’on vous demande pourquoi vous dites que l’hostie est le corps du Christ, la bonne réponse c’est « parce que Jésus l’a dit ». Tout ça suppose donc un temps d’écoute et de préparation. On ne communie pas pour faire comme tout le monde ni par hasard, mais pour entrer dans l’alliance après avoir entendu la Parole, accepté de la croire et décidé de la mettre en pratique.

Ensuite, nous avons entendu un texte de la lettre aux Hébreux … un texte un peu compliqué et je ne me risquerai pas à demander qui d’entre vous l’a compris, parce que je me sentirais aussi obligé de répondre. Mais on peut remarquer quand même qu’il y a une idée de transformation puisque l’auteur parle de sanctifier et de purifier nos consciences des actes qui conduisent à la mort. Ainsi la communion vient nous transformer. Et dans l’eucharistie, la principale transformation c’est de mettre le Seigneur au centre de notre vie. Quand Jésus dit « Prenez, ceci est mon corps » il faut comprendre le verbe prendre comme recevoir ou participer plutôt que comme saisir. Après tout quand on prend le train, on ne le saisit pas ! Il y a une dimension d’obéissance et de disponibilité dans la communion. C’est la raison pour laquelle nous devons veiller à recevoir le Corps du Christ avec beaucoup de respect, que nous devons aussi garder un esprit d’obéissance pour ne pas croire que c’est notre affaire. C’est d’autant plus subtil qu’on a souvent tendance à contourner l’obéissance en obéissant à ce qu’on préfère ! Pour que l’alliance se déploie dans la communion, il faut se rappeler qu’elle n’est ni un droit, ni une conquête, ni une récompense, mais un don qui nous transforme pour que nous puissions plaire à Dieu et être proche de lui.

Enfin nous avons entendu le récit du dernier repas du Seigneur que rapporte saint Marc. De nombreux indices nous rappellent le contexte : le premier jour de la fête, où l’on immole l’agneau pascal, juste avant que Jésus et les disciples se rendent au mont des Oliviers. Comme dit la prière d’ouverture « dans cet admirable sacrement tu nous as laissé le mémorial de ta passion ». Et il y a cette étonnante réflexion de Jésus : « je ne boirai plus du fruit de la vigne, jusqu’au jour où je le boirai dans le royaume de Dieu ». Il y a donc une dimension d’attente et de promesse. Saint Irénée disait que l’eucharistie sème en nous des graines d’éternité. On peut dire que la communion nous prépare à la vie divine. La communion n’est pas le but de la vie, c’est la vie éternelle qui est le but de la communion. C’est pourquoi on nous demande de ne pas communier plus d’une fois par jour. Ce n’est pas en semant plus de graines qu’elles poussent plus vite ! Ce qui compte ce n’est pas tant la quantité que la qualité. Bien sûr la fréquence et la fidélité contribuent à la qualité de notre présence à Dieu, mais c’est bien cette union au Seigneur qui est importante, la communion n’est qu’un moyen. Dans notre monde un peu matérialiste, vérifions que notre attachement à l’eucharistie est bien spirituel et que nous l’accueillons vraiment comme nourriture de la vie divine. Aussi prenons le temps après la communion, de laisser se déployer la présence de Dieu dans nos cœurs par la prière, et veillons aussi à ce qu’elle se déploie dans nos vies par la charité.

Par le mystère de son corps et de son sang, le Christ nous fait entrer dans l’alliance nouvelle et pour cela nous devons écouter sa Parole pour que notre communion soit un acte de foi. Le Seigneur nourrit aussi en nous la grâce du baptême en nous purifiant pour que nous puissions le mettre au centre de notre vie. Nourriture pour la route, l’eucharistie nous conduit et nous prépare à la vie éternelle ; ne détournons pas le regard du Royaume de Dieu auquel elle nous appelle.

Que la Vierge Marie, Avocate des Toulonnais, nous aide à entendre cette parole et à la mettre en pratique. Arche de la Nouvelle Alliance qu’elle fortifie notre foi ; Temple de l’Esprit Saint qu’elle affermisse notre espérance ; Mère du Bel amour qu’elle nous entraîne dans la charité pour que nous puissions demeurer en Dieu comme il demeure en nous, dès maintenant et pour les siècles des siècles.

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30 mai 2021 7 30 /05 /mai /2021 13:16

TRIB

Fête de la Sainte Trinité - Année B

Dt 4,32-34. 39-40 ; Ps 32 (33) ; Rm 8,14-17 ; Mt 28,16-20

Comme si, après la Pentecôte, l’Église ne se résignait pas à revenir trop rapidement au temps ordinaire, nous commençons aujourd’hui la série des Solennités : la Trinité puis ce sera la Fête-Dieu et enfin le Sacré Cœur. Nous avons donc entendu dans l’évangile l’envoi en mission que rapporte saint Matthieu, avec cette évocation du baptême au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. C’est un témoignage émouvant de la foi dans le Dieu unique et trine, témoignage qui nous rappelle qu’avant même que les mystiques les plus savants aient cherché à expliquer le mystère de Dieu, celui-ci marque depuis toujours la vie chrétienne.

Parler de la Trinité, c’est déjà parler de quelque chose qui nous dépasse, difficile voire impossible à expliquer sinon à comprendre. En vérité puisqu’il s’agit de Dieu lui-même c’est le contraire qui serait inquiétant ! Vouloir que Dieu soit comme on l’imagine ou comme on le pense, c’est prendre le risque de croire à un dieu que l’on s’est fabriqué. Le texte de la première lecture nous invitait à cette attitude fondamentale de la foi qui est l’étonnement devant le cœur de Dieu. « A-t-on déjà vu cela ? » demande Moïse en évoquant l’aventure du peuple au désert depuis la sortie d’Égypte. Quand Dieu révèle son cœur, il dépasse tout ce l’homme a pu imaginer. La Trinité participe à la surprise de la Révélation. La foi commence peut-être quand on se laisse étonner par ce que Dieu découvre de lui-même, d’autant qu’il le découvre non pas dans un discours qui tombe du ciel, mais dans la simplicité de la vie. Car c’est en voyant Jésus vivre et ressusciter que l’on comprend que Dieu n’est pas seulement le Père à qui l’on s’adresse, mais aussi le Fils venu pour nous sauver et l’Esprit qui nous garde dans la fidélité. On peut faire de très savantes études pour expliquer que Dieu soit Père, Fils et Saint-Esprit, on a même inventé pour cela des mots compliqués qui pourraient servir au capitaine Haddock – mais ultimement, comme aiment à le rappeler les professeurs de théologie, dans la Trinité, il n’y a rien à comprendre et tout à vivre.

C’est en quelque sorte ce que montrait la deuxième lecture qui nous plonge justement dans la vie divine : « vous avez reçu un Esprit qui fait de vous des fils, et c’est en lui que nous crions “Abba” c’est-à-dire Père ». Parler de la Trinité, c’est donc aussi parler de quelque chose qui nous entraîne. Car nous découvrons que nous sommes en quelque sorte le quatrième de la Trinité. Peut-être avons-nous été trop habitués à l’appellation d’enfants de Dieu, et nous ne voyons plus ce qu’il y a d’unique et d’inouï dans cette affirmation. Pourtant cela transforme la religion, en changeant notre regard sur Dieu, en modifiant nos dispositions, en modelant nos attitudes. Découvrir Dieu comme Père, change notre regard car il nous considère comme des enfants et non pas comme des esclaves ; se laisser conduire par l’Esprit modifie nos dispositions car nous n’agissons pas de notre propre chef, mais poussé et envoyé par le Seigneur; se conformer au Fils modèle nos attitudes pour que nous l’imitions toujours plus et lui ressemblions toujours mieux. Contempler la Trinité, ce n’est pas regarder par le trou d’une serrure céleste pour observer la vie des Trois qui sont Un ; c’est se laisser entraîner par le tourbillon d’amour qui a créé le Ciel et la Terre et qui nous attend de toute éternité.

Et justement, parce que la Trinité nous entraîne, parler de la Trinité c’est aussi parler de ce qui nous implique comme le manifestait l’évangile qui rappelle notre mission. Le Christ est présent avec nous tous les jours jusqu’à la fin du monde, mais c’est à nous de faire de toutes les nations des disciples, en leur apprenant à observer ce qu’il nous demande. Il ne s’agit pas de dire mais de retentir, il ne s’agit pas de montrer mais de rayonner. La transmission de la révélation du cœur de Dieu ne se transmet pas comme on passe un ballon ; elle se partage comme une invitation ou un apprentissage. Reconnaître la Trinité, nous provoque au témoignage par la présence et la fidélité. Si toute notre prière est marquée au nom du Père, et du Fils et du Saint-Esprit, c’est qu’il ne s’agit pas d’une idée mais d’une vie qui rythme notre vie et transforme notre existence.

En cette fête de la Sainte Trinité, acceptons ce qu’il y a d’unique dans le mystère qui nous révèle la gloire de Dieu ; laissons-nous entraîner dans l’aventure de la vie divine, engageons-nous résolument à la suite du Christ pour que l’évangile résonne là où nous sommes et que l’humanité puisse se rassembler dans l’Unité du Père et du Fils et du Saint-Esprit.

Que la Vierge Marie, Avocate des Toulonnais, nous aide à entendre cette parole et à la mettre en pratique. Porte du Ciel qu’elle nous conduise au cœur du Père ; Temple de l’Esprit Saint, qu’elle nous rende disponibles au souffle de Dieu ; Mère du Bel Amour, qu’elle nous garde unis au Christ pour que nous puissions demeurer en Lui, comme il demeure en nous, dès maintenant et pour les siècles des siècles.

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23 mai 2021 7 23 /05 /mai /2021 08:55

PEB

Pentecôte - Année B

Ac 2,1-11 ; Ps 103 ; Ga 5,16-25 ; Jn 15,26

Cinquante jours après Pâques, nous fêtons la Pentecôte, non pas comme la fin d’un temps mais comme la plénitude du don de Dieu. Ainsi s’accomplit la promesse du Seigneur, et l’Église commence sa mission pour témoigner du Ressuscité et annoncer à tous les peuples les merveilles de Dieu. Comme le rappelait saint Paul, l’Esprit Saint est celui qui nous guide et nous conduit pour que nous puissions rester fidèles au cœur de Dieu.

Dans sa lettre aux Galates, l’Apôtre des nations évoque le fruit de l’Esprit. Après avoir détaillé la liste des horreurs qu’il nous faut éviter, il énumère ce que déploie en nous celui que le Christ appelle l’Esprit de vérité. Essayons donc de voir plus précisément ce fruit de l’Esprit pour mieux reconnaître son action dans nos vies, mais aussi pour mieux comprendre quelle est cette vérité vers laquelle il nous conduit.

Il y a d’abord ce qui concerne notre situation, ce qu’on pourrait appeler nos états d’âme au sens le plus positif de l’expression : amour, joie et paix. Ainsi se révèle la vérité de ce que nous sommes. Car nous ne sommes faits pour l’indifférence ou le conflit, nous sommes faits pour aimer. Bien sûr, on n’aime pas tout le monde de la même façon, parce que chacun est différent, mais si nous sommes des êtres de relation, c’est pour avoir de bonnes relations. Si nous voulons vérifier que nous nous laissons conduire par l’Esprit Saint, vérifions que nos relations les uns avec les autres peuvent s’inscrire dans l’échelle de l’amour. De la même manière la joie et la paix sont de bons indicateurs pour mesurer notre épanouissement. Attention cependant à ne pas se tromper : il ne s’agit pas de ce qui nous entoure mais de ce qui nous habite. Bien sûr il est plus facile de ressentir de la joie et de goûter la paix si nous sommes dans de bonnes conditions, sans trop de contrariétés ou d’adversité. Mais la vraie joie et la vraie paix ne viennent pas de l’extérieur, mais de l’intérieur. C’est au cœur de notre cœur que l’Esprit déploie sa présence, ce qui d’ailleurs permet que la joie et la paix soient plus fortes et plus durables.

Il y a ensuite les fruits qui concernent nos dispositions : patience, bonté, bienveillance. Il s’agit de ce qui nous permet d’accueillir la vérité du monde et des autres. La patience – qui n’est pas tant la capacité à attendre que celle à supporter – la patience, donc, est ce qui nous permet de résister à ce qui ne devrait pas être ; la bonté est ce qui nous permet de contribuer à l’épanouissement d’un monde selon le cœur de Dieu ; la bienveillance est ce qui nous permet de préférer ce qui vient de la grâce plutôt que ce qui vient du péché. En entrant dans ces dispositions nous partageons l’attitude du Seigneur vis-à-vis du monde, lui qui supporte le mal sans y consentir, qui œuvre à la progression du bien et qui préfère toujours nous sauver que nous condamner.

Enfin, l’Esprit fait fructifier en nous ces forces que sont la fidélité, la douceur et la maîtrise de soi. Ce sont autant de manières de servir la vérité. Dans la mentalité biblique, la vérité est en effet ce qui dure et non pas seulement ce qui apparaît à un moment. C’est ainsi que la fidélité permet que notre parole soit vraie et que nos engagements soient solides : c’est la fidélité qui fait apparaître la vérité profonde de ce que nous prétendons. La douceur est la véritable force, la violence n’étant que l’agitation de la faiblesse. Souvenons-nous de ce que disait Jésus : « heureux les doux, ils posséderont la terre ». Enfin la maîtrise de soi permet que ce soit bien nous qui agissions, et non pas un sentiment ou une émotion, que nous pourrions regretter aussi vite que nous les avons ressentis.

Puisque nous sommes invités aujourd’hui à nous souvenir du don de Dieu pour nous rendre plus disponibles à l’Esprit de vérité, laissons-nous conduire par lui dans l’amour, la joie et la paix ; laissons-nous guider dans la patience, la bonté et la bienveillance, laissons-le nous fortifier dans la fidélité, la douceur et la maîtrise de soi.

Que la Vierge Marie, Avocate des Toulonnais, nous aide à entendre cette parole et à la mettre en pratique. Etoile du matin qu’elle ouvre nos yeux à la lumière bienheureuse qui vient remplir le cœur de ceux qui l’attendent. Temple de l’Esprit Saint qu’elle ouvre nos cœurs au Consolateur souverain, l’hôte très doux de nos âmes. Mère du Bel amour qu’elle ouvre nos vies à la puissance divine qui baigne ce qui est aride et guéris ce qui est blessé, pour que nous puissions resplendir de la présence de Dieu et demeurer en lui comme il demeure en nous, dès maintenant et pour les siècles des siècles.

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16 mai 2021 7 16 /05 /mai /2021 13:09

7PAB

7ème dimanche de Pâques - année B

Ac 1, 15-26 ; Ps 102 ; 1 Jn 4,11-16 ; Jn 17,11b-19

L’évangile que nous venons d’entendre me fait l’effet d’un feu d’artifice qui donne le tournis. Il y a de nombreuses paroles sublimes mais elles s’enchaînent les unes aux autres sans que j’en perçoive le lien logique. Comment les goûter sans les défigurer en les isolant de leur contexte ? Me voilà face aux limites de mon esprit trop cartésien … Cela dit, cette prière dévoilant le cœur de Dieu, il n’y a rien d’affolant à être dépassé ! Quoiqu’il en soit, je ne suis pas là pour me plaindre, mais pour vous servir dans le partage de la Parole de Dieu. Voyons donc ce que nous pouvons en retenir pour vivre cette dernière semaine du temps pascal.

Au moment où Jésus s’apprête à quitter ses disciples, on assiste en quelque sorte à deux passages de témoins : il demande au Père de continuer son œuvre, pour que les disciples puissent continuer sa mission. L’évangile nous indique donc les conditions de notre vocation de baptisés. Et l’on peut remarquer qu’il y a une subtile distinction entre le fait d’être dans le monde, mais de ne pas appartenir au monde ; ce qui – à la réflexion – est la situation de celui qui est envoyé dans le monde.

Cela signifie d’abord que nous n’avons pas à suivre le monde. Tout au long de l’histoire les prédicateurs ont mis en garde contre l’esprit du monde qui n’est pas l’esprit de Dieu. On pense bien sûr aux idées médiatiques, parfois contradictoires, mais considérablement amplifiées par les réseaux sociaux. Ce qui doit nous guider ce n’est pas l’opinion d’un groupe ou l’avis d’un personnage, c’est la Parole de Dieu. Cette parole qui est vérité, dit Jésus. Et voilà une bonne clé de discernement. En fait, le monde ne s’intéresse pas à la vérité, il s’intéresse à l’apparence, il s’intéresse à ce qui plait, il s’intéresse à ce qui sert, mais pour lui, la vérité n’est qu’un prétexte. Le monde est comme Pilate soupirant et haussant les épaules en disant « qu’est-ce que la vérité ? ». Attention, il ne s’agit pas de regarder les autres d’un air méprisant en pensant que nous avons, nous la vérité. Il s’agit d’être attentif à chercher la vérité, à la comprendre, à l’accueillir. La vérité n’est pas ce que je pense, mais ce que le Seigneur me révèle. Si nous voulons rester libres du monde, il ne s’agit pas de brandir la vérité comme un étendard mais de la recevoir comme une lumière qui se dévoile à mesure que nous lui sommes disponibles. Être sanctifiés dans la vérité, c’est accepter que ce soit elle qui commande, et pas nous !

Être dans le monde sans lui appartenir, cela signifie aussi que nous n’avons pas à craindre le monde. « Je leur ai donné ta parole, dit Jésus, et le monde les a pris en haine ». Le disciple n’est pas plus grand que le maître, et la croix nous rappelle que notre mission n’est pas une promenade de santé. Nous sommes prévenus qu’il y aura des difficultés et des oppositions. Et c’est important de s’en souvenir car nous pouvons être décontenancés et découragés quand la méchanceté répond au bien, quand le cynisme s’oppose à la vérité ou quand la haine refuse l’amour. Être dans le monde sans être du monde c’est vivre une situation qui peut être inconfortable ce qui explique que souvent la sainteté va à contre-courant du monde. Ça ne signifie pas qu’il faille être dans l’opposition systématique : dès les premiers siècles de l’église il a fallu rappeler à l’ordre ceux qui cherchaient la persécution par la provocation. Faire toujours le contraire du monde serait finalement une manière paradoxale de le suivre ! La remarque de Jésus nous rappelle que ce qui compte n’est ni l’accueil qu’on nous fait, ni le refus qu’on rencontre mais la parole de Dieu.

Enfin, être envoyé dans le monde signifie que nous n’avons pas à fuir le monde. « Je ne prie pas pour que tu les retires du monde » demande le Seigneur. Car cela pourrait être une tentation de se réfugier ailleurs dans un monde séparé ; mais ce serait alors trahir la mission et refuser d’être là où Dieu nous envoie. On pourrait appeler cela la tentation de Jonas … et l’on sait qu’il finit dans le ventre de la baleine ! C’est aussi la tentation de la secte, de se faire un petit cocon sympathique et chaleureux, hors du monde, soi-disant pour se préserver ; mais c’est du mauvais qu’il faut se préserver, pas du monde où nous sommes envoyés et que le Seigneur veut sauver. Car accepter d’être dans le monde, alors qu’on n’est pas du monde, c’est précisément entrer dans le même mouvement que le Christ qui est venu dans le monde, alors qu’il n’était pas du monde. Et c’est pourquoi nous partageons les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des hommes de notre temps. Etre dans le monde est aussi essentiel à notre vocation que d’être unis en Dieu, puisque ça touche à ce qu’il y a de plus fondamental dans la vérité : la volonté du Père.

Par sa prière, Jésus nous confie sa mission, mais il nous confie aussi Père car il ne s’agit pas d’une posture ou d’une tactique, mais d’entrer dans le souffle de son Esprit : c’est lui qui nous garde dans l’unité de l’amour divin pour que nous ne suivions pas le monde ; c’est lui qui nous fortifie dans le combat spirituel pour que nous ne craignions pas le monde ; c’est lui qui nous guide pour que nous ne fuyions pas le monde où nous sommes envoyés.

Que la Vierge Marie, Avocate des Toulonnais, nous aide à entendre cette Parole et à la mettre en pratique. Porte du Ciel qu’elle soutienne notre attachement à l’Esprit du Seigneur. Tour de David qu’elle nous fortifie dans l’accueil du Don de Dieu. Mère de miséricorde qu’elle nous entraine dans le souffle de l’Amour pour que nous puissions demeurer en Dieu comme il demeure en nous, dès maintenant et pour les siècles des siècles.

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13 mai 2021 4 13 /05 /mai /2021 12:56

ASCB

Ascension du Seigneur - Année B

Ac 1,1-11 ; Ps 46 ; Ep 4,1-13 ; Mc 16,15-20

Comme chacun sait nous fêtons aujourd’hui l’Ascension du Seigneur, c’est-à-dire le moment où, après être apparu aux apôtres pendant les quarante jours qui suivaient sa résurrection, Jésus fut enlevé au ciel pour s’asseoir à la droite du Père. L’événement nous est rapporté dans les Actes des Apôtres, comme dans l’évangile selon saint Marc, avec quelques détails différents comme pour nous prouver que l’un n’a pas copié sur l’autre ! Saint Paul aussi y fait allusion dans le passage que nous avons entendu de sa lettre aux Éphésiens. Il en donne sinon la raison, du moins la conséquence : « il est monté au-dessus de tous les cieux pour remplir l’univers ». L’image est belle de la lumière qui éclaire plus largement à mesure qu’elle s’élève ; mais voyons ce que signifie pour nous le fait que le Christ remplisse l’univers.

C’est d’abord notre vie que le Seigneur remplit, à condition que nous acceptions de nous mettre au rythme de Dieu. Il est remarquable que la dernière consigne de Jésus aux apôtres soit de ne pas quitter Jérusalem mais d’y attendre que s’accomplisse la promesse du Père. On serait presque tenté de soupirer en se disant « encore attendre ». Ces dix jours entre l’Ascension et la Pentecôte sont l’entrainement à se rendre disponible pour l’Esprit de Dieu. C’est d’autant plus important que nous avons toujours tendance à vouloir reprendre les choses en mains. On écoute la Parole, on s’efforce de comprendre ce que le Seigneur demande, on accepte avec ferveur la mission, et l’on est prêt à partir … mais il faut encore attendre d’avoir reçu la force d’en-haut. Les disciples doivent accepter de ne pas connaître « les temps et les moments que le Père a fixé de sa propre autorité » ; c’est encore la même attitude : accepter de dépendre de Dieu, renoncer à savoir ce que nous n’avons pas besoin de connaître pour témoigner. Le Seigneur n’est pas seulement celui qui nous envoie ou nous donne des consignes, il remplit notre vie si nous acceptons de nous mettre à son rythme en nous rendant disponibles au don de l’Esprit.

Ce sont aussi nos relations que le Seigneur peut remplir si nous entendons l’invitation de saint Paul à « garder l’unité dans l’Esprit par le lien de la paix ». Car le don de Dieu n’est pas une force qui nous serait donnée individuellement, comme on vient faire le plein à une station-service, c’est un souffle qui nous rassemble et nous unit dans la construction du corps du Christ. La vie chrétienne ce n’est pas chacun pour soi et Dieu pour tous, c’est ensemble que nous parviendrons à l’unité dans la foi, à la plénitude et à la perfection de notre humanité. Il n’y a pas de communion au Seigneur sans communion entre nous. L’Ascension marque en quelque sorte le passage du Christ à l’Église, non pas comme une alternative ou un remplacement mais comme l’extension de cette présence qui ne remplit pas seulement nos cœurs mais aussi nos relations. Et le signe de cette extension, c’est notre charité : « beaucoup d’humilité, de douceur et de patience » pour reprendre les mots de l’apôtre.

C’est encore notre monde que le Seigneur veut remplir, par notre témoignage qui – si l’on en croit les signes que rapporte saint Marc n’est pas seulement ce que l’on dit, mais aussi ce que l’on fait. Sans doute ne faut-il pas en rester trop à la lettre de ces signes : ne vous amusez pas à taquiner les serpents ou à boire n’importe quoi : ce serait confondre la foi et l’imprudence ! Quand saint Benoit a été préservé du poison que lui avaient préparé les moines d’un monastère mécontents de l’avoir pour abbé, il n’a pas rien bu : le verre s’est cassé quand il a prié au début du repas – l’histoire est une bonne publicité pour le bénédicité ! Les signes qui accompagnent ceux qui deviennent croyants, ce sont surtout la force du bien et la douceur de la miséricorde. Le signe que l’évangile est annoncé ce ne sont pas les guerres ou les intolérances, mais les œuvres d’éducation, d’assistance et de soin qui permettent à l’humanité de se trouver mieux, à la vie de grandir, à la paix de s’étendre.

Si nous fêtons aujourd’hui l’Ascension du Seigneur, ça n’est pas pour rester à regarder le ciel mais pour nous souvenir que Jésus est monté au-dessus de tous les cieux afin que la lumière de Pâques remplisse l’univers. Laissons donc le Christ remplir nos cœurs en vivant au rythme de Dieu pour nous rendre disponible à sa Promesse. Laissons le Christ remplir nos relations en gardant l’unité dans l’Esprit par le lien de la paix. Laissons le Christ remplir notre monde en proclamant l’évangile par la charité.

Que la Vierge Marie, Avocate des Toulonnais nous aide à entendre cette parole et à la mettre en pratique. Temple de l’Esprit Saint, qu’elle creuse en nous l’attente du don de Dieu. Mère de l’Église qu’elle fortifie notre unité. Buisson Ardent qu’elle nous fasse rayonner de l’Amour du Seigneur pour que retentisse jusqu’aux extrémités de la terre l’annonce de l’Évangile : le Christ est ressuscité ! Alléluia ! Il est vraiment ressuscité ! Alléluia !

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9 mai 2021 7 09 /05 /mai /2021 13:14

6PAB

6° dimanche de Pâques - Année B

Ac 10, 25-26ss ; Ps 97(98) ; 1 Jn 4,7-10 ; Jn 15,9-17

Si la ressemblance est évidente entre l’évangile et la deuxième lecture, nous pourrions être tentés de penser que la première lecture n’a pas grand-chose à voir – au moins pour la thématique. Bien sûr il est cohérent que saint Jean rappelle dans sa lettre ce qu’il rapporte dans son évangile ; tandis que l’épisode chez Corneille intervenant au hasard d’une lecture à peu près continue du livre des Actes des Apôtres, il n’est pas très surprenant que les accents soient différents. Pourtant la surprise de Pierre réalisant que Dieu donne l’Esprit-Saint à ceux qui ne sont pas baptisés, montre bien qu’en matière de vie spirituelle, les choses partent de Dieu et non pas de nous ; ce que l’on retrouve avec d’autres mots dans la deuxième lecture  : « ce n’est pas nous qui avons aimé Dieu, mais c’est lui qui nous a aimés »  et dans l’évangile : « ce n’est pas vous qui m’avez choisi, c’est moi qui vous ai choisis ». Aussi, laissons-nous guider par cette remarque pour vérifier que dans notre relation au Seigneur, nous partons bien de Dieu, au lieu de penser que tout part de nous.

Partir de Dieu, c’est déjà réaliser que c’est lui qui a l’initiative. Ce ne sont pas les hommes qui ont inventé Dieu, c’est Dieu qui s’est révélé aux hommes. Jésus d’ailleurs montre l’exemple : jamais il ne se présente comme l’origine, chaque fois il renvoie au Père : « Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimé ». Avant de donner, nous recevons, avant d’aimer nous sommes aimés. Sans doute la joie de Pâques est-elle celle de la victoire et de l’ouverture à la vie divine, mais elle est aussi la joie de découvrir dans la Passion non pas l’inévitable péripétie de l’histoire, mais la preuve de l’amour le plus grand qui soit : celui qui donne sa vie pour ses amis. La résurrection ne fait pas oublier le sacrifice : elle le révèle ! Nous ne croyons pas ce qui nous plait ou ce que nous comprenons, nous croyons ce que Dieu nous dit … c’est d’autant plus important que c’est bien ce que Jésus donne comme différence entre le serviteur et l’ami : « tout ce que j’ai entendu de mon Père je vous l’ai fait connaître ». Si nous ne voulons pas savoir ce que fait le Seigneur, nous restons des serviteurs alors qu’il nous appelle à être ses amis.

Ainsi partir de Dieu doit nous rendre vigilants à avoir une prière qui écoute avant de parler. Pourquoi nous prions le Notre Père ? Parce que Jésus nous l’a indiquée comme modèle de la prière. Quand nous récitons le chapelet, nous ne sommes pas invités à répéter des formules magiques mais à contempler les mystères de la vie du Seigneur en méditant les différents moments vécus par Marie. C’est bien parce que tout part de Dieu, que les célébrations de l’Église commencent par l’écoute de textes bibliques, et dans notre prière personnelle nous devons veiller, nous aussi à partir de la Parole de Dieu, en reprenant l’un des textes du jour, en nous souvenant de tel verset biblique ou d’un épisode de l’histoire sainte … comment Dieu peut-il nous répondre si nous ne le laissons pas parler ? Comment notre prière pourrait-elle devenir un dialogue et un cœur à cœur si nous ne sommes préoccupés que de ce que nous pouvons dire ?

Partir de Dieu c’est encore faire ce qu’il nous demande, être ce qu’il attend de nous. On est toujours un peu réticent de nos jours à entendre parler d’obéissance et de commandement surtout en matière religieuse, et pourtant c’est bien ce que Jésus dit : « vous êtes mes amis si vous faites ce que je vous commande ». Il ne s’agit pas d’obéir comme un serviteur, mais d’obéir comme un ami, qui cherche à faire ce qui plait à l’autre. Et le commandement c’est de nous aimer comme le Seigneur nous a aimés. Non pas aimer comme dans les films ou les romans, mais aimer comme lui nous aime. Chaque fois que nous trouvons difficile d’aimer quelqu’un, demandons-nous comment Dieu l’aime : ça supprime beaucoup d’obstacles et ça purifie beaucoup d’idées fausses. Préférer la miséricorde au romantisme, c’est aussi une manière de partir de Dieu.

Comme saint Pierre à Césarée, laissons-nous surprendre par le don de Dieu, pour le laisser guider nos réactions et conduire nos vies, car c’est de lui que tout vient, c’est en lui que tout commence, c’est par lui que tout s’épanouit.

Que la Vierge Marie, Avocate des Toulonnais nous aide à partir du Seigneur et à suivre sa Parole. Reine des Saints qu’elle nous apprenne la fidélité ; Arche de la Nouvelle Alliance qu’elle nous rende présents à la Présence ; Mère du Bel Amour qu’elle fasse battre nos cœurs au rythme du cœur de Dieu pour que nous demeurions en lui comme il demeure en nous et que nous resplendissions de la lumière de Pâques : le Christ est ressuscité ! Alléluia ! Il est vraiment ressuscité ! Alléluia !

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2 mai 2021 7 02 /05 /mai /2021 13:14

5 PAB

5° dimanche de Pâques - Année B

Ac 9,26-31 ; Ps 21 (22) ; 1 Jn 3,18-24 ; Jn 15,1-8

Voilà que l’évangile nous donne aujourd’hui des conseils viticoles … A vrai dire, ce que Jésus dit sur la vigne et les sarments vaut pour beaucoup d’autres plantes et arbres : une branche ne peut donner du fruit que si elle reste attachée au tronc. Évidemment, nous comprenons qu’il s’agit surtout d’une image pour nous indiquer l’importance de demeurer unis au Seigneur si nous voulons que notre vie s’épanouisse. Voyons donc comment nous pouvons demeurer dans le Christ.

Pour demeurer dans le Christ, il faut d’abord le savoir. Savoir que nous sommes comme les sarments de la vigne, que « sans lui nous ne pouvons rien faire ». C’est d’ailleurs la première raison pour laquelle Jésus prend cette image. Et déjà cela n’est pas si évident, parce qu’instinctivement on est plus attentif à nous-mêmes et à ce que nous faisons. On a une certaine facilité à se penser comme la vigne plutôt que comme un sarment. Savoir que nous avons besoin du Seigneur, ce n’est pas le considérer comme une bouée de sauvetage, disponible en cas de problème. C’est savoir que nous ne sommes pas seuls, que nous ne sommes pas non plus le centre du monde, même pas de notre monde ! C’est en quelque sorte l’expérience que Saul fait lorsqu’il arrive à Jérusalem. Sa bonne foi et son zèle ne suffisent pas : il faut que Barnabé le présente et témoigne pour lui. De la même manière, nous avons besoin des autres. On peut dire que notre capacité à dépendre les uns des autres est la mesure de notre attachement au Seigneur. Il faut sans doute nuancer, mais il n’en reste pas moins que tout seul, on n’arrive à rien.

Mais il ne suffit pas de savoir, il faut encore vouloir. Comme nous y invitait saint Jean dans la deuxième lecture, il ne faut pas en rester aux paroles ou aux discours, mais vivre en acte et en vérité. Ainsi, concrètement, demeurer dans le Christ, c’est être attentif à ce qui nous attache au Seigneur plus qu’aux fruits que nous pouvons porter. C’est ainsi ne pas se glorifier de nos succès, ni se désoler de nos échecs. Vouloir demeurer dans le Christ, c’est éviter les domaines que nous nous réservons – consciemment ou inconsciemment. On rapporte la parole de Talleyrand : « mon Dieu, préservez-moi de mes amis, mes ennemis je m’en charge ! ». Bien qu’évêque, il n’était pas un père de l’Église, mais ce qui est le plus à éviter ce n’est pas tant son cynisme relationnel, que cette manière de se répartir les tâches avec le Seigneur. Bien souvent, il nous arrive de penser que Dieu doit faire ce que nous ne pouvons pas faire, comme si l’on agissait côte à côte au lieu d’agir ensemble. Vouloir demeurer dans le Christ, c’est tout faire par lui, avec lui et en lui.

Enfin, on a beau savoir, on a beau vouloir, il faut encore pouvoir. C’est dans les moyens que nous nous donnons pour demeurer dans le Christ que l’on peut juger de la réalité de notre volonté. Or qu’est-ce qui nous permet de demeurer dans le Christ ? Sa Parole. La parole qui nous purifie, la parole qui demeure en nous, ou pour le dire comme saint Jean ses commandements que l’on garde. Le piège serait de penser que nos idées, nos pensées ou nos émotions suffisent, alors que c’est la Parole qui est le moyen de demeurer dans le Christ. C’est elle qui doit nous guider, nous montrer ce que nous devons faire, ce que nous devons éviter, ce que nous devons changer. Parfois cette parole est une lumière qui éclaire notre route et indique le chemin à suivre ; parfois elle est comme un glaive qui déchire les illusions que nous élaborons pour cacher nos limites ; parfois elle est le miel qui révèle les saveurs de la vie ; parfois elle est une écharde qui rappelle nos faiblesses … mais elle est toujours la main que le Seigneur nous tend pour que nous demeurions en lui. C’est la parole qui nous convoque à la messe, c’est elle qui retentit dans les sacrements ; c’est encore la Parole qui nous invite à la prière, par les psaumes et le Notre Père ; c’est la Parole qui provoque à la Foi, c’est elle qui motive à l’Espérance, c’est elle qui se déploie dans la Charité. Oublier la Parole, c’est se séparer du Christ.

La gloire du Père, c’est que nous portions du fruit, que nous puissions épanouir ce que nous sommes ; mais pour cela nous ne devons pas rester seuls, car nous sommes comme les sarments de la vigne qu’est le Christ. Efforçons-nous de demeurer en lui plutôt que d’être à coté, gardons fidèlement la parole qu’il nous a donné, pour prendre part à son Esprit et devenir ses disciples.

Que la Vierge Marie, Avocate des Toulonnais, nous aide à entendre cette parole et à la mettre en pratique. Etoile du matin qu’elle nous indique le chemin de l’unité ; Trône de la sagesse qu’elle nous entraîne à la suite du Christ ; Arche de la Nouvelle alliance qu’elle fasse retentir en nous la Bonne Nouvelle pour que, demeurant en Dieu comme il demeure en nous, nous puissions resplendir de la lumière de Pâques : le Christ est ressuscité ! Alléluia ! Il est vraiment ressuscité ! Alléluia !

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25 avril 2021 7 25 /04 /avril /2021 09:58

4PAB

4° dimanche de Pâques - Année B

Ac 4,8-12 ; Ps 117 ; 1 Jn 3,1-2 ; Jn 10,11-18

Le quatrième dimanche de Pâques, nous sommes toujours invités à entendre un évangile qui nous rappelle que le Christ est le Bon Pasteur. Et l’on sait que c’est un titre qui est cher aux chrétiens, au point d’ailleurs que les premières images de Jésus, spécialement dans les catacombes romaines, le représentent justement sous l’aspect d’un berger. Mais quel rapport cela a-t-il avec le mystère de la Résurrection ? et qu’est-ce que cela implique pour nous ? C’est le jour où jamais pour essayer de répondre à ces questions.

L’évangile que nous venons d’entendre explicite bien le lien entre le bon berger et le mystère de Pâques : « le vrai berger donne sa vie pour ses brebis » dit le Seigneur. Ainsi, Jésus nous fait comprendre qu’il n’est pas de ces maitres spirituels mercenaires qui s’enfuient à la première difficulté, ou qui se tiennent à distance des dangers. Il n’est pas un conseiller qui refuse de payer, bien au contraire ! Son sacrifice montre l’intérêt et l’attention qu’il nous porte. Entre parenthèse, la résurrection montre aussi sa puissance. Car il ne suffit pas que le berger reste sur place pour affronter le loup : s’il se fait dévorer avant les brebis, le geste a beau être sublime, le résultat est décevant ! Ainsi le mystère de Pâques nous manifeste que l’on peut se fier au Christ, « qu’il n’y a aucun autre nom donné aux hommes qui puisse nous sauver » comme disait saint Pierre devant les chefs du peuple et les anciens. Reconnaître le Seigneur comme le Bon Pasteur de nos vies est une expression de notre foi.

Mais Jésus ne revendique pas seulement son dévouement comme preuve de sa mission. Le Bon Pasteur est aussi celui qui connais les brebis et que les brebis connaissent. Il y a donc une qualité de relation entre le berger et le troupeau, une relation que Jésus compare à sa relation au Père. C’est, dans un registre différent, ce que saint Jean explique dans la deuxième lecture, avec cette belle conclusion : « nous serons semblables à lui car nous le verrons tel qu’il est ». Nous savons que dans le Bible, la connaissance des personnes est de l’ordre de l’amour et du rapprochement. Il ne s’agit pas de quelque chose d’intellectuel, mais d’un dynamisme qui conduit à l’unité. Ainsi le Bon Pasteur ne regarde pas son troupeau batifoler dans les champs, mais il le conduit jusqu’à sa demeure. De la même manière, la résurrection nous ouvre les portes de la vie éternelle. C’est pourquoi suivre le Bon Pasteur est aussi un acte d’espérance.

Enfin Jésus évoque les autres brebis, celles qui ne sont pas de cet enclos. C’est un rappel de la dimension universelle de la mission du Seigneur, il est venu pour tous, et il rassemble dans l’unité les enfants de Dieu dispersés, et pas seulement le petit groupe sympathique qui gravite autour de nous. Mais c’est aussi un appel à l’accueil et à la mission. Quel sens y aurait-il à ce que le berger fasse venir d’autres brebis si celles qui sont déjà dans le troupeau les rejettent ? On ne peut pas suivre le Christ sans accueillir ceux qu’il conduit. Le Bon berger demande à ses brebis d’avoir un cœur qui batte au rythme du sien. Proclamer que Jésus est le Bon Pasteur, c’est encore un engagement à la charité.

L’image qui nous est proposée aujourd’hui du Christ Bon Pasteur n’est pas une fantaisie champêtre ou une figure poétique, c’est une invitation à plonger résolument dans le mystère de Pâques pour le reconnaître par la foi, pour le suivre dans l’espérance, pour le proclamer par la charité.

Que la Vierge Marie, Avocate des Toulonnais, nous aide à entendre cette parole et à la mettre en pratique. Secours des Chrétiens qu’elle nous apprenne à choisir celui qui a donné sa vie pour nous ; Trône de la Sagesse qu’elle nous guide dans la connaissance de celui qui nous connaît ; Mère du Bel Amour qu’elle nous accompagne dans l’unité du cœur de Dieu pour que retentisse la Bonne Nouvelle du matin de Pâques : le Christ est ressuscité ! Alléluia ! Il est vraiment ressuscité ! Alléluia !

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18 avril 2021 7 18 /04 /avril /2021 13:20

3PAB

3° dimanche de Pâques - Année B

Ac 3,13-15. 17-19 ; Ps 4 ; 1 Jn 2,1-5a ; Lc 24,35-48

Dans la famille des apparitions du Christ ressuscité, nous avons aujourd’hui le poisson grillé. Comme saint Luc condense dans ce récit des éléments dispersés dans les autres évangiles, cela peut donner un sentiment de « déjà-vu » … et il faut toujours se méfier de ce sentiment quand on lit la Parole de Dieu ! Un des moyens pour puiser encore dans un texte qu’on croit connaître, c’est de le laisser résonner avec d’autres passages bibliques … ce qui est particulièrement opportun le dimanche. Or ce qui se retrouve dans les trois textes que nous venons d’entendre, c’est le pardon des péchés. Alors, vous allez penser que ça suffit, pendant quarante jours on a fait pénitence pour nos péchés, il est temps de finir le carême et de profiter du temps de Pâques. Même si je partage cette réaction, la Parole est la Parole, il faut avoir l’humilité de chercher à comprendre pourquoi on nous parle encore de péché pendant le temps de Pâques !

D’abord on peut remarquer qu’on ne parle pas tant de péché que de « pardon des péchés » … ce qui est mieux ! D’autant que le pardon est acquis et non pas à demander. C’est-à-dire que le temps de Pâques n’est pas celui où l’on demande pardon pour nos péchés, mais celui où on réalise que nos péchés sont pardonnés … ce qui change bien des choses. Mais on pourrait être tenté de se dire « nos péchés sont pardonnés … merci Seigneur … n’en parlons plus ! ». Pourtant si l’on reprend les dernières paroles de Jésus dans l’évangile, il semble que le but de la résurrection soit la conversion proclamée pour le pardon des péchés. Donc le salut, la rédemption, tout ce que permet Pâques, c’est le pardon des péchés. Si nous sommes déçus à la pensée que le salut n’est « que » le pardon des péchés, c’est peut-être que nous n’avons pas bien réalisé ce qu’est le péché.

On ne va pas refaire tout le carême, mais revenir à la première lecture. Le discours de Pierre, a une expression poignante : « vous avez tué le Prince de la vie ». Il y a une force incroyable dans cette expression : « vous avez tué le Prince de la vie ». A la réflexion, cela pourrait être le reproche pour tout péché : utiliser pour la mort ce qui devrait épanouir la vie. Car c’est bien là le problème : une chose paraît attrayante, légitime, et c’est normal puisqu’elle est une puissance vitale ; mais le péché va détourner cette puissance de vie vers la mort. Par exemple, la gourmandise (aujourd’hui il faudrait peut-être dire plutôt la gloutonnerie), quand la nourriture devient le but de la vie. La nourriture est bonne en soi, elle est nécessaire, mais si elle prend trop de place, elle tue les autres aspects de la vie. Autre exemple : la colère est un péché quand l’indignation - qui est bonne en soi - conduit à la haine ou la violence. L’indignation est nécessaire à la vie puisqu’elle est l’appel de la justice, mais la colère détourne cette force pour faire un monde de conflit … On pourrait multiplier encore les exemples, mais je ne veux pas vous donner des idées de péché ! Retenons qu’un péché c’est ce qui rend mortel ce qui est vital - « vous avez tué le prince de la vie »

Alors apparaît le lien entre le pardon des péchés et le mystère de Pâques. La résurrection n’est-elle pas cette possibilité inouïe révélée par le Christ que la mort peut devenir un passage vers la vie ? Le péché détourne la vie vers la mort, la résurrection ouvre dans la mort la porte de la vie. Voilà pourquoi nous sommes sauvés : parce que le Christ nous sort de l’impasse où nous nous sommes embourbés par le péché. Trop souvent nous attendons du salut qu’il soit une sorte de bouclier qui nous préserve de tout problème. Le mystère de Pâques n’a jamais empêché personne de souffrir, ni même hélas de faire souffrir. Le Christ n’est pas un totem d’immunité, ni d’impunité d’ailleurs ! Pâques n’ouvre pas à l’immortalité mais la résurrection ; Dieu ne nous préserve pas du mal, il nous en délivre ! Et si l’on est tenté de regretter que le Seigneur ne nous donne pas le salut dont nous rêvons … réalisons que nous rêvons d’un salut inférieur et sans doute illusoire, car à la moindre difficulté, au moindre écart nous serions irrémédiablement perdus !

Pourtant il reste encore un point à éclaircir. Pourquoi Jésus parle-t-il de « conversion pour le pardon des péchés » ? C’était aussi la conclusion du discours de Pierre « convertissez-vous pour que vos péchés soient effacés ». C’est que le pardon n’est pas une amnistie : il ne survient pas quoiqu’il arrive et quoique nous fassions : il faut le demander et peut-être même le désirer. Ce qu’il y a d’inouï dans le mystère de la foi, c’est que le don de Dieu est remis à notre bon vouloir. Non pas à notre caprice, mais à notre sincérité. Et les paroles de la lettre de saint Jean, dans la deuxième lecture sont extraordinaires : « en celui qui garde sa parole, l’amour de Dieu atteint vraiment la perfection ». Ce qui nous est demandé, c’est de garder la parole de Dieu, pour la vivre et la pratiquer, bien sûr ; mais aussi pour accepter qu’elle reste une écharde dans la chair nous rappelant le chemin à parcourir, les dispositions à changer, les efforts à faire. On est parfois comme des vases d’argile gardant un trésor précieux : pas forcément à la hauteur de ce que l’on garde, mais ça n’empêche pas de garder. Et j’aime à me souvenir que dans la rencontre avec les disciples au soir du premier jour de la semaine, Jésus leur rappelle ce qu’il avait dit, il leur rappelle ce qui est écrit, comme pour les amener à garder la Parole qui leur a été confiée plutôt que de l’oublier.

Accueillons donc le Christ ressuscité qui fait de nous des témoins du salut. Nous qui avons bien souvent « tué le Prince de la Vie », tournons-nous vers Dieu pour reconnaître notre défenseur : Jésus Christ, qui, par son sacrifice, obtient le pardon des péchés, les nôtres comme ceux du monde. Gardons sa parole fidèlement pour que son amour puisse atteindre en nous la perfection.

Que la Vierge Marie, Avocate des Toulonnais, nous aide à entendre cette parole et à la mettre en pratique. Refuge des pécheurs, qu’elle creuse en nous le désir du pardon. Mère de Miséricorde qu’elle nous fasse goûter la douceur de l’Amour du Seigneur. Arche de la Nouvelle Alliance, qu’elle nous apprenne à garder la Parole pour que nous puissions être les témoins de la bonne nouvelle de Pâques : le Christ est ressuscité ! Alléluia ! Il est vraiment ressuscité ! Alléluia !

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