Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
25 juillet 2021 7 25 /07 /juillet /2021 13:11

17TOB

17° Dimanche du Temps Ordinaire - Année B

2 R 4,42-44 ; Ps 144 ; Ep 4,1-6 ; Jn 6,1-15

Après la multiplication des pains, et comme on pouvait s’y attendre, Jésus a un très grand succès que l’on peut qualifier de politique, puisque la foule voulait faire de lui son roi ! Il est vrai qu’avec un prince qui nourrit aussi facilement cinq mille hommes, l’avenir paraît moins sombre ! Pourtant Jésus s’échappe. Son acte n’était ni politique, ni économique. La multiplication des pains révèle – une fois de plus – la différence entre la logique de Dieu et la logique des hommes. Elle nous avertit des confusions que nous pouvons faire dans nos prières, dans ce que nous attendons du Seigneur

D’abord on pourrait croire que tout vient de Dieu, sans que rien ne dépende de nous, comme si la prière était une requête à l’administration céleste dont on attendrait patiemment la réponse. Mais depuis la création de l’homme, Dieu ne fait rien sans lui ! Jésus a voulu s’appuyer sur les cinq pains et les deux poissons du jeune garçon, comme Élisée a eu besoin des vingt pains qu’on lui a donnés pour nourrir une centaine de personnes au temps de la famine. C’est un grand mystère que cette humilité de Dieu qui refuse de se passer de notre concours pour agir. Pourtant nous l’oublions souvent, confondant la providence et la corne d’abondance. Devant Dieu il ne s’agit pas d’espérer le plus possible en donnant le moins possible : c’est à la mesure que nous donnons que nous recevons et l’évangile illustre bien que Dieu ne fait rien sans nous.

Mais il y a une deuxième confusion possible qui consiste à se tromper de valeur. On peut remarquer en effet que Philippe ne répond pas à la question de Jésus. Le Seigneur avait demandé : « où pourrions-nous acheter du pain » et l’apôtre répond : « nous n’avons pas assez d’argent ». Bien souvent nous avons les yeux fixés sur les biens qui diminuent lorsqu’on les divise, alors que les valeurs spirituelles augmentent quand on les partage. On peut dire que la logique économique de la matière est exactement l’inverse de celle de l’esprit ! La multiplication des pains n’est pas là pour nous faire rêver d’un grenier qui ne se vide jamais, mais pour nous rappeler qu’il y a une nourriture qui grandit dans le partage : celle à laquelle nous invitait saint Paul dans la lettre aux Éphésiens : l’humilité, la douceur, la patience, l’unité, la paix, la justice, en un mot : l’amour.

Enfin la réflexion de Jésus « ramassez les morceaux en surplus pour que rien ne se perde » dévoile une troisième différence entre notre logique et celle de Dieu. Il ne s’agit pas tellement d’y voir les fondements de la lutte contre le gaspillage mais de réaliser que, contrairement à ce que l’on pense spontanément, l’attention n’est pas proportionnelle à la rareté. Bien souvent nous estimons qu’une chose est d’autant plus importante qu’elle est rare, mais pour Dieu, plus une chose est importante plus elle doit être répandue. Ce qui est précieux aux yeux de Dieu n’est pas déterminé par l’originalité ou la difficulté à l’obtenir. La sainteté ne se mesure pas au miracle ou au spectaculaire, car la volonté de Dieu est d’abord que la sainteté soit vécue par le plus grand nombre. Les pères de l’église avaient remarqué que, d’une manière symbolique, la fin du texte marque le passage de la première alliance à la nouvelle alliance. On part de cinq pains qui représentent les cinq livres de la Loi et après l’action de Jésus on arrive à douze paniers qui représentent les douze apôtres. Alors que la Loi de Moïse était confiée à un seul peuple, les apôtres sont envoyés porter l’évangile à toutes les nations. Ainsi, on passe d’une richesse de privilège à une richesse de surabondance.

Nous qui sommes aujourd’hui rassemblés pour le repas du Seigneur. Nous qui allons recevoir le pain que Dieu veut nous partager, nous voilà invité à entrer dans la logique du Christ, pour vivre à la manière de Dieu. L’évangile nous rappelle que le Seigneur ne fait rien sans nous ; rien ne lui est impossible, si nous savons lui confier ce que nous sommes, même quand cela paraît dérisoire. Car notre richesse est ce qui grandit en se partageant, ce qui se multiplie quand on le donne. Nous n’avons pas à chercher l’action et la présence de Dieu dans l’extraordinaire, mais plutôt au cœur du quotidien, dans ce qui peut paraître ordinaire voir banal.

Que la Vierge Marie nous aide à entendre cette parole et à la mettre en pratique. Miroir de la sainteté de Dieu, qu’elle nous apprenne à ouvrir nos vies à l’action du Seigneur, en acceptant de donner pour recevoir. Trône de la Sagesse, qu’elle guide nos cœurs à rechercher ce qui grandit dans le partage. Mère du Bel Amour, qu’elle nous entraîne dans la générosité du cœur de Dieu pour que tous puissent vivre en sa présence, dès maintenant et pour les siècles des siècles.

Partager cet article
Repost0

commentaires