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18 juillet 2021 7 18 /07 /juillet /2021 11:41

16TOB

16° dimanche du temps ordinaire - année B

Jr 23,1-6 ; Ps 22 ; Ep 2,13-18 ; Mc 6, 30-34

La scène que décrit l’évangile est touchante : Jésus est saisi de compassion devant l’insistance de la foule à le rejoindre et à l’entendre. Le lien avec la première lecture est facile puisqu’il s’agit de l’annonce et de l’accomplissement de la même promesse : « Dieu sera lui-même le berger de son peuple ».

Et pourtant le ton des deux textes comme les dynamiques évoquées sont assez différentes. L’oracle de Jérémie est un reproche adressé aux mauvais pasteurs, c’est-à-dire aux mauvais chefs, aux mauvais responsables politiques. On ne sait pas très bien s’il faut se désoler ou se rassurer, mais ça prouve au moins que certains problèmes ne datent pas d’aujourd’hui ! Dans l’évangile, en revanche le ton est plus apaisé. Même si l’enthousiasme de la foule pourrait agacer ceux qui n’ont le temps ni de se reposer, ni même de manger, il y a quelque chose d’admirable dans cette soif d’écouter l’enseignement du Seigneur. On peut donc être concerné, soit comme pasteur, soit comme brebis, par la parole de Dieu de ce jour.

La parole nous interpelle comme pasteurs. Ne croyons pas que l’avertissement ne soit valable que pour les élus de la République ou pour les dignitaires ecclésiastiques. Dans les activités professionnelles, dans les relations familiales, dans les différents engagements que nous pouvons prendre, d’autres personnes nous sont confiées. Évitons la posture de Caïn qui répliquait ironiquement « suis-je le gardien de mon frère ? ». Il nous appartient d’être, nous aussi, dans nos différentes responsabilités, des pasteurs que Dieu suscite et non pas ceux qui dispersent, chassent ou ignorent. Reconnaître Dieu comme notre berger, c’est déjà éviter de penser que notre pouvoir est absolu ; c’est aussi savoir qu’être responsable, c’est répondre devant Dieu de ce que l’on a fait et décidé.

Mais l’évangile nous interpelle aussi comme brebis. Savons-nous rechercher et désirer le Christ pour pasteur ? Il ne s’agit pas de dénoncer l’incompétence des uns ou la malice des autres : être perdu ne se décide pas mais se reconnaît. Quand on lit attentivement l’évangile, on ne peut qu’être impressionné par l’attitude de la foule, une attitude qui impressionne aussi Jésus. Non seulement les gens sont très nombreux, mais voyant le Seigneur et ses disciples se diriger en barque vers un endroit désert … donc sans doute assez éloigné et difficilement accessible … ils courent là-bas au point d’arriver avant eux ! Leur soif du Seigneur n’est pas une conversation de salon ou de comptoir, ni un commentaire sur les réseaux sociaux … c’est quelque chose de viscéral qui les met en mouvement et les fatigue. Quelle est la place de la Parole de Dieu dans nos recherches ? Quels efforts consentons-nous pour trouver l’enseignement de Jésus dans nos réactions ou dans nos décisions ? Pourrions-nous dire comme saint Augustin : « tu nous as fait pour toi, Seigneur, et notre cœur et sans repos tant qu’il ne repose en toi » ?

En vérité, sans le Christ, nous sommes perdus … mais on pourrait se résigner aux mauvais pasteurs, ou bien se révolter pour être notre propre pasteur … la parole de ce jour ne nous invite ni à l’une ni à l’autre de ces solutions, mais à rechercher celui qui seul peut nous conduire au bonheur. Et si le Seigneur semble s’éloigner, nous pouvons prendre exemple sur la foule et courir pour le précéder sur l’autre rive, car ce ne sont ni nos beaux yeux ni nos revendications qui émeuvent le Seigneur, mais nos souffrances et nos aspirations.

Que la Vierge Marie nous aide à entendre cette parole et à la mettre en pratique. Trône de la Sagesse qu’elle nous apprenne à être fidèle aux responsabilités que le Seigneur nous confie ; Porte du Ciel qu’elle creuse en nous le désir de la présence de Dieu ; Consolatrice des affligés, qu’elle nous dispose à accueillir l’Évangile, pour que nous puissions par le Christ et dans l’Esprit accéder auprès du Père dès maintenant et pour les siècles des siècles.

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