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2 mai 2021 7 02 /05 /mai /2021 13:14

5 PAB

5° dimanche de Pâques - Année B

Ac 9,26-31 ; Ps 21 (22) ; 1 Jn 3,18-24 ; Jn 15,1-8

Voilà que l’évangile nous donne aujourd’hui des conseils viticoles … A vrai dire, ce que Jésus dit sur la vigne et les sarments vaut pour beaucoup d’autres plantes et arbres : une branche ne peut donner du fruit que si elle reste attachée au tronc. Évidemment, nous comprenons qu’il s’agit surtout d’une image pour nous indiquer l’importance de demeurer unis au Seigneur si nous voulons que notre vie s’épanouisse. Voyons donc comment nous pouvons demeurer dans le Christ.

Pour demeurer dans le Christ, il faut d’abord le savoir. Savoir que nous sommes comme les sarments de la vigne, que « sans lui nous ne pouvons rien faire ». C’est d’ailleurs la première raison pour laquelle Jésus prend cette image. Et déjà cela n’est pas si évident, parce qu’instinctivement on est plus attentif à nous-mêmes et à ce que nous faisons. On a une certaine facilité à se penser comme la vigne plutôt que comme un sarment. Savoir que nous avons besoin du Seigneur, ce n’est pas le considérer comme une bouée de sauvetage, disponible en cas de problème. C’est savoir que nous ne sommes pas seuls, que nous ne sommes pas non plus le centre du monde, même pas de notre monde ! C’est en quelque sorte l’expérience que Saul fait lorsqu’il arrive à Jérusalem. Sa bonne foi et son zèle ne suffisent pas : il faut que Barnabé le présente et témoigne pour lui. De la même manière, nous avons besoin des autres. On peut dire que notre capacité à dépendre les uns des autres est la mesure de notre attachement au Seigneur. Il faut sans doute nuancer, mais il n’en reste pas moins que tout seul, on n’arrive à rien.

Mais il ne suffit pas de savoir, il faut encore vouloir. Comme nous y invitait saint Jean dans la deuxième lecture, il ne faut pas en rester aux paroles ou aux discours, mais vivre en acte et en vérité. Ainsi, concrètement, demeurer dans le Christ, c’est être attentif à ce qui nous attache au Seigneur plus qu’aux fruits que nous pouvons porter. C’est ainsi ne pas se glorifier de nos succès, ni se désoler de nos échecs. Vouloir demeurer dans le Christ, c’est éviter les domaines que nous nous réservons – consciemment ou inconsciemment. On rapporte la parole de Talleyrand : « mon Dieu, préservez-moi de mes amis, mes ennemis je m’en charge ! ». Bien qu’évêque, il n’était pas un père de l’Église, mais ce qui est le plus à éviter ce n’est pas tant son cynisme relationnel, que cette manière de se répartir les tâches avec le Seigneur. Bien souvent, il nous arrive de penser que Dieu doit faire ce que nous ne pouvons pas faire, comme si l’on agissait côte à côte au lieu d’agir ensemble. Vouloir demeurer dans le Christ, c’est tout faire par lui, avec lui et en lui.

Enfin, on a beau savoir, on a beau vouloir, il faut encore pouvoir. C’est dans les moyens que nous nous donnons pour demeurer dans le Christ que l’on peut juger de la réalité de notre volonté. Or qu’est-ce qui nous permet de demeurer dans le Christ ? Sa Parole. La parole qui nous purifie, la parole qui demeure en nous, ou pour le dire comme saint Jean ses commandements que l’on garde. Le piège serait de penser que nos idées, nos pensées ou nos émotions suffisent, alors que c’est la Parole qui est le moyen de demeurer dans le Christ. C’est elle qui doit nous guider, nous montrer ce que nous devons faire, ce que nous devons éviter, ce que nous devons changer. Parfois cette parole est une lumière qui éclaire notre route et indique le chemin à suivre ; parfois elle est comme un glaive qui déchire les illusions que nous élaborons pour cacher nos limites ; parfois elle est le miel qui révèle les saveurs de la vie ; parfois elle est une écharde qui rappelle nos faiblesses … mais elle est toujours la main que le Seigneur nous tend pour que nous demeurions en lui. C’est la parole qui nous convoque à la messe, c’est elle qui retentit dans les sacrements ; c’est encore la Parole qui nous invite à la prière, par les psaumes et le Notre Père ; c’est la Parole qui provoque à la Foi, c’est elle qui motive à l’Espérance, c’est elle qui se déploie dans la Charité. Oublier la Parole, c’est se séparer du Christ.

La gloire du Père, c’est que nous portions du fruit, que nous puissions épanouir ce que nous sommes ; mais pour cela nous ne devons pas rester seuls, car nous sommes comme les sarments de la vigne qu’est le Christ. Efforçons-nous de demeurer en lui plutôt que d’être à coté, gardons fidèlement la parole qu’il nous a donné, pour prendre part à son Esprit et devenir ses disciples.

Que la Vierge Marie, Avocate des Toulonnais, nous aide à entendre cette parole et à la mettre en pratique. Etoile du matin qu’elle nous indique le chemin de l’unité ; Trône de la sagesse qu’elle nous entraîne à la suite du Christ ; Arche de la Nouvelle alliance qu’elle fasse retentir en nous la Bonne Nouvelle pour que, demeurant en Dieu comme il demeure en nous, nous puissions resplendir de la lumière de Pâques : le Christ est ressuscité ! Alléluia ! Il est vraiment ressuscité ! Alléluia !

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